Marche-lez-Ecaussinnes, son castel et sa flore

Marche panorama bis
Marche, le panorama (carte postale ancienne)

Balade dans le temps et les charmes désuets d’un village mi-rural, mi-industriel selon « 50 promenades pédestres » publié par le Touring Club de Belgique en 1918.

Il y avait jadis à Marche, un castel cerné d’eau. Les vestiges sont encore visibles près du moulin. Il y demeure en effet des traces de fossés et d’anciennes maçonneries. Camille Pète écrit : « Le moulin à eau et la ferme occupés par M. Marot dépendaient de ce château. Une pierre sculptée et datant du XVe siècle et provenant du château de Marche est placée dans le portail d’Ecaussinnes-Lalaing. »

Illustration_Nasturtium_officinale0 [30]À l’époque, on notait la flore abondante à Marche et parmi laquelle, le cresson de fontaine que des maraîchers bruxellois venaient récolter. Cette plante poussait naturellement aux abords des ruisseaux. Riche en vitamines (A, C et E), le cresson de fontaine possède une tige appréciée pour sa saveur piquante. On le déguste en accompagnement ou en salade. Quant aux feuilles, elles se préparent en potage, en sauce ou en décoration. Ce végétal doit toutefois être consommé avec sagesse car il s’avère irritant pour les intestins et la vessie.

Dans le bois de Feluy qui fait la limite entre Marche, Feluy et Seneffe, on trouve en abondance la digitale pourprée. Avec ses clochettes rosâtres, cette fleur paraît bien candide et pourtant, elle est excessivement toxique. Elle contient effectivement de la digitaline qui est utilisée en médecine pour ralentir le rythme cardiaque. Elle est prescrite en cas d’insuffisance cardiaque. C’est qu’on a toujours le coeur qui bat la chamade aux Ecaussinnes !

Publicités

Les perles de la Sennette : coiffure au poil/ça sent le gaz

Feuille hebdomadaire d’annonces et de renseignements en lecture dans une maison sur deux aux Ecaussinnes et dans plusieurs centaines de foyers des environs : telle se définissait « La Sennette » dans les années 30.  Edité par Onésiphore « Marcel » Tricot qui était imprimeur, le journal a vu le jour en 1903 et s’est éteint en 1954. Son tirage filait croissant, atteignant les 1.400 exemplaires au début des années 1930 pour dépasser les 2.000 dans l’après-guerre. Vu son succès, la feuille des débuts (recto-verso) doubla et regorgeait de petites informations, de ragots, d’annonces… truculents souvent.


1938 10J’y ai extrait quelques publicités insolites et humoristiques. J’ignore si c’était voulu ou pas mais ces réclames forcent le sourire. Comme celle-ci. Voici une publicité quelque peu tirée par les cheveux. Faites-vous coiffer par Yvonne Sampoux ! Qui a dit que je cherchais des poux ?

1938 7En voici une autre qui vaut aussi son pesant de cacahuètes. Un détail a toute son importance : nous sommes en 1938 et les bruits de guerre sont à la porte des Écaussinnois. Quoi qu’il en soit, on parle bien ici de « vente »  et non de distribution. Y’a pas de petit profit.

Un coin de la Grand Place, fin des années 50

630_c95ec528007927dc820fdb0c822d1eb7 (Copier)C’est fou ce qu’on peut trouver d’intéressant et surtout d’émouvant en fouillant dans de vieux albums photo. Ce cliché doit avoir été pris vers la fin des années 50 sur la Grand Place d’Ecaussinnes. On y remarque le magasin CGA (Comptoir Général d’Approvisionnement), un commerce de détail d’alimentation.

Rue Haute mod (Copier)
La rue Haute – aujourd’hui rue Maurice Canon – qui dévale vers la grand place (Sté An. Belge de Phototyopie Brx)

Selon l’auteur patoisant Marcel Polet, le magasin en question se trouvait des années 30 à 50, dans le haut de la rue Maurice Canon, et était géré par Raoul Camby et son épouse. Dans les années 50, le CGA s’est installé dans le bas de la rue. Toujours d’après Marcel Polet, le magasin qui y était niché auparavant s’appelait « Au Gaspillage » et était tenu par Yvonne Dujacquier. Comme son nom ne l’indique pas, la boutique était spécialisée dans la mode féminine et le textile plus généralement. Tout en bas de la rue, le fils de Mme Dujacquier, Jules Michel, gérait un magasin et une salle d’exposition en chauffage et sanitaires.

Grand Place 606_001 [50%]

Une autre vue de la Grand Place en carte postale (Albert)

Vacances à Ecaussinnes avec Marabout Flash

Couverture Marabout FlashMaison belge à l’origine (Verviers), les éditions Marabout ont connu, dans les années 60 et 70, leurs heures de gloire, notamment grâce à la collection Marabout Flash qui alliait visée pratique et format de poche. Dans celui-ci, on y parle évidemment d’Ecaussinnes. C’était au temps où les vacances dépaysantes se traduisaient par quelques jours à la mer du Nord ou dans les Ardennes. C’était au temps où l’on savourait encore les plaisirs simples et généreux offerts par notre pays, sans songer à l’exotisme des destinations lointaines aujourd’hui monnaie courante. Il y a exactement neuf lignes sur Ecaussinnes.ECaussinnes Marabout Flash

Pour l’anecdote, des détails qui datent de 1964 :

dyn002_original_559_122_jpeg_2513292_c0196874831a65675d85ad0a5c94b292

Célibataires 1964 en goguette :
vidéo inédite de la British Pathé

Année 1964 encore : un document très intéressant (court, il est vrai) figure sur YouTube. C’est apparemment un reportage qui n’a jamais été utilisé et donc inédit sur le goûter matrimonial de cette année-là. Il s’agit d’une vidéo de British Pathé. On y voit brièvement la présidente Gilberte Dubrulle et ses demoiselles d’honneur, un groupe de majorettes, les superbes décorations réalisées par Henry Lejeune, et surtout une foule d’amoureux transis… Attention, pépite !

Les larmes des pierres de la Follie

096_405740ee503ce2a5a61621d4ac847bb1Au XIVe siècle, les sires d’Enghien sont propriétaires de la seigneurie de la Follie à Ecaussinnes. Englebert d’Enghien habite les lieux, tandis que son frère Siger occupe le château d’Enghien. Lorsque le duc Aubert de Bavière, régent du Hainaut assiége la ville d’Enghien alors en rebellion contre lui, Siger d’Enghien est fait prisonnier et est finalement décapité, le 21 mars 1364, sur ordre du duc.

z234_6ae11aa1589921e72948bd6a336e71c8 (Copier)La vengeance naît aussitôt dans le chef de ses frères qui se réunissent au château de la Follie pour fomenter une révolte contre le duc de Bavière. La garnison du duc sera littéralement massacrée. Le duc, au paroxysme de la colère, prépare alors l’assaut de la Follie. Là-bas, Englebert d’Enghien se tient prêt à tout et sa fille Claude, âgée de 17 ans, le seconde. On voyait souvent cette demoiselle audacieuse accompagnée à cheval, de son fiancé, le seigneur d’Henripont, l’écuyer Moreau dont le château était un poste avancé de la Follie.

Le 5 février 1367, les troupes d’Aubert passent à l’attaque de la Follie. À l’abri des remparts de la forteresse, les habitants de la Follie se moquent éperdument de leurs assaillants qui sont vite vaincus.

Mais Claude paiera de sa vie sa témérité. L’imprudente s’était en effet aventurée en premières lignes et fut mortellement touchée par une flèche. Bien triste victoire que celle de la Follie sur le duc d’Aubert… L’écuyer Moreau ayant appris le drame, se précipite au chevet de sa belle. Claude exhale son dernier soupir, la main dans celle de son amant…

Lors de la cérémonie funèbre, les personnes présentes vont assister à un événement étrange. Ébahis, ils regardent les pierres des murs de la Follie pleurer… Depuis cette époque, chaque année au mois de février, les murs versent des larmes en souvenir de cette tragédie romanesque.

zEcaussinnes d'Enghien vue aéreinne 22-99 A Château de la Follie Combier Imp Macon CIM Repro interdite Van Driessche (Copier)
Vue aérienne du Château de la Follie (Combier Imprimerie Macon CIM – Van Driessche)

Promenades au creux du passé d'un village qui fut coquet et coquin…