Le Pilori, fin des années 60

Place du Pilori

On le sait. Point de pilori sur la Place du Pilori : celui-ci se trouvait, en réalité, sur l’actuelle Place des Martyrs. L’endroit vaut néanmoins le détour. Le restaurant y connaît une solide réputation et il fut, début des années 70, siège d’une activité artistique majeure. C’est là que se réunissaient les disciples des « Racines du Manoir », groupe initié par le peintre surréaliste Henry Lejeune. Voici la place aux alentours de 1967.

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Et la voici au début du XXe siècle

On retrouve cette carte postale dans « Les Ecaussinnes en cartes postales anciennes » par l’abbé Léon Jous, livre publié en 1972, par la Bibliothèque Européenne – Zaltbomme/Pays-Bas – aujourd’hui épuisé et rare. Mais on peut le retrouver en bibliothèque, à Anvers, à New York ou dans le Wisconsin !

Sous la carte postale, on lit la légende suivante : « A l’angle de ce qui s’appelait alors la rue des Stations en raison de la présence de nombreuses chapelles le long du chemin (rue Georges Soupart), une belle maison domine la place du Pilori connue de nos jours par son restaurant. Cette maison est celle de Louis Baguet qui fut avec Tricot et Wargnies un des promoteurs du goûter matrimonial. »


À lire dans les archives en ligne du Centre Daily-Bul & C° : Le Déraciné – n° 1 · Centre daily-Bul & C° – Archives

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Faits divers d’hier à Ecaussinnes

Déniché dans une bouquinerie bruxelloise : ce journal hebdomadaire de 1962 qui couvrait les arrondissements de Soignies et du Brabant wallon. Ce journal était basé à Braine-le-Comte et cette édition de la « Feuille d’Annonces » consacrait sa une à des faits divers qui se sont passés à Ecaussinnes.

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La gare fin du XIXe – début du XXe siècle (Imprimerie -Lithographie – Reliure – Timbres en caoutchouc Marcel Tricot, 167, près de l’église, Ecaussinnes-Lalaing)

Autre document qui m’a été communiqué : un compte-rendu des opérations pendant l’année 1868, des rapports présentés aux Chambres législatives, par le ministre des Chemins de Fer, Marine, Postes, Télégraphies, Téléphones et Aéronautique (© SNCB Train World Heritage). Dans celui-ci, on apprend que le 30 novembre 1868, un ouvrier est atteint par un convoi en gare d’Ecaussinnes Carrières et qu’il souffre de blessures graves.  Mais ces quelques mots sont plus surprenants : le 4 mars de la même année, un inconnu éjecte une femme hors du train. Tombée en gare d’Ecaussinnes, elle ne souffre heureusement que de blessures légères, précise le relevé des accidents arrivés sur les chemins de fer de l’État. Que s’est-il passé dans ce train ? Qui était celui ou celle qui avait poussé cette femme à l’extérieur du train ? Nous n’en saurons jamais rien, je le crains.


Déraillement en 1914

Le site hetarchief.be comporte l’une des plus riches collections de presse relative à la période de la guerre 14-18. Si vous tapez « Ecaussinnes » dans la barre de recherche, vous obtiendrez 245 résultats, dont le déraillement d’un fourgon en gare d’Ecaussinnes, article publié dans « La Dernière Heure » du 4 mars 1914.

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Laissez Scoufflény souffler

Une visite guidée des anciennes carrières de Scoufflény (Carrières du Hainaut, Soignies) a eu lieu récemment. L’occasion de flâner dans une nature exubérante et de contempler un environnement à la beauté sereine. Le site privé et normalement interdit d’accès, a souvent été placé sous les feux des projecteurs durant cet été caniculaire. Les endroits naturels de ce type ne sont pas légion à Ecaussinnes et ailleurs en Belgique. Si la tentation est forte de s’y baigner, il vaut vraiment mieux se payer une entrée à la piscine et laisser les anciens trous de carrières d’Ecaussinnes lézarder en paix sous le soleil, pour que ces lieux magiques existent encore demain, pour que l’émerveillement soit toujours possible demain, laissez Scoufflény souffler.

Les perles de la Sennette

Feuille hebdomadaire d’annonces et de renseignements en lecture dans une maison sur deux aux Ecaussinnes et dans plusieurs centaines de foyers des environs : telle se définissait « La Sennette » dans les années 30.  Edité par Onésiphore « Marcel » Tricot qui était imprimeur, le journal a vu le jour en 1903 et s’est éteint en 1954. Son tirage filait croissant, atteignant les 1.400 exemplaires au début des années 1930 pour dépasser les 2.000 dans l’après-guerre. Vu son succès, la feuille des débuts (recto-verso) doubla et regorgeait de petites informations, de ragots, d’annonces… truculents souvent.


Y’a de la joie

848256841Lorsqu’il y a un petit trou à boucher dans un journal, on y fourre généralement un entrefilet. Dans « La Sennette », on en profite pour annoncer une kermesse. Pas de détails ? Qu’à cela ne tienne, on multiplie les synonymes à l’envi.

… et de l’ennui

2885590385.2Durs moments d’ennui, pense-t-il. Hélas, ça ne durera pas…

Chasse aux sorcières à Marche

Aimé Tricot (grand-père de Marcel Tricot, créateur du Goûter Matrimonial) était instituteur à Ecaussinnes-Lalaing, entre 1840 et 1858. La maison où vécut Marcel, située à la rue des Robinettes, fut aussi une école mixte privée – sans doute la première aux Ecaussinnes -, ouverte par Aimé Tricot. Plus tard, il devint le premier historien local, n’ayant cesse d’amasser documents oraux et écrits concernant son village. C’est lui qui a découvert les annales de ce procès en sorcellerie qui s’est passé en 1652.

L’histoire se déroule à Marche-lez-Ecaussinnes. Nicole Dubois vivait à la lisière d’une forêt qui bordait la propriété de Gabriel Piette. Celui-ci lorgnait, depuis un bon bout de temps, les terres de Nicole mais elle ne désirait pas vendre son bien. Cependant, l’homme insistait. Or, on racontait que Nicole possédait des pouvoirs occultes. De là à affirmer qu’elle était responsable de la conduite adultérine de la femme de Gabriel, il n’y avait qu’un pas que l’époux cocu franchit allègrement…

witch-725447_640Gabriel Piette accusa donc Nicole Dubois d’avoir envoûté sa moitié. L’affaire fit assez de bruit pour que des parents désespérés viennent la trouver. Leur fille était malade et Nicole y pouvait sans doute quelque chose. L’enfant mourut.

C’en était trop. D’autant qu’on imputait à Nicole d’autres malheurs : incendies, disparition de bétail,… On disait même qu’elle avait osé refuser le baptême de la Sainte Église et qu’elle participait à des sabbats.

Au XVIIe siècle, on ne badinait pas avec ces choses. Nicole fut condamnée à la pendaison, à Lessines. Ses possessions furent vendues et le fruit de la vente fut accordé à ceux et celles qu’elle avait « ensorcelés ».


À feuilleter gratuitement pour en savoir plus sur les procès en sorcellerie au XVIIe siècle :

Un documentaire sur l’histoire de la sorcellerie et des démons, dans le domaine public :

Promenades au creux du passé d'un village qui fut coquet et coquin…