Ecaussinnes redore son blason

acd0b-681723962-1Étude des armoiries, l’héraldique fait partie du droit médiéval et de l’Ancien Régime. Devenu aujourd’hui désuète, la science des blasons appartient au passé, à l’instar de la sigillographie (étude des sceaux) ou la phaléristique (étude des ordres, décorations et médailles).

Par arrêté royal du 7 juin 1979, Ecaussinnes fut autorisé à arborer les armoiries ci-contre: « Écartelé : aux 1 et 4 écartelé aux a et de de gueules à dix losanges d’argent posées 3, 3, 3 et 1 qui est Lalaing et aux b et c d’or à trois lions de gueules qui est Rœulx dit d’Écaussines, aux 2 et 3 de sinople au lion d’argent armé, lampassé et couronné d’or, au chef d’argent chargé de trois aiglettes de sable. Sur le tout écartelé : aux 1 et 4 d’argent à cinq fasces d’azur, au lion de gueules à la queue fourchue armé, lampassé et couronné d’or, brochant sur le tout qui est Luxembourg-Houffalize, aux 2 et 3 d’argent à deux pals de gueules, qui est Orley et sur le tout gironné d’argent et de sable de dix pièces, chaque giron de sable chargé de trois croix recroisettées au pied fiché d’or, les pieds dirigés vers le cœur de l’écu qui est Enghien. » (Source: Wikipédia, l’armorial des communes de la Province de Hainaut Illustration by Tretinville (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)%5D, via Wikimedia Commons)

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Blason de Saint Quentin (source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blason_St-Quentin_02.svg?uselang=fr)

Et en parlant d’héraldique, la maison communale dont la construction remonte à 1870, comporte un blason près de la porte d’accès. Il s’agit, en fait, d’un écusson aux armes de la ville de Saint Quentin en France. Pourquoi ? Parce qu’en 1917, un millier d’habitants de cette cité ont été déplacés par les Allemands. Les Saint Quentinois ont heureusement trouvé refuge à Ecaussinnes. Certains ont été logés au château fort dans le grenier, raison pour laquelle on a plus tard baptisé cette pièce : le « grenier des Français ».

Ecaussinnes-d'EnghienLe site Heraldry of the World fait mention des blasons des Ecaussinnes antérieurs à la fusion des communes de 1977. Celui d’Ecaussinnes-d’Enghien comporte deux lions dressés sur leurs pattes arrière. Il a été officiellement reconnu le 24 avril 1912. On retrouve l’illustration dans les albums Café Hag/Koffie Hag édités en 1931, « Wapens van het Koninkrijk België en het Groothertogdom Luxemburg/Armorial du Royaume de Belgique en du Grand Duché de Luxembourg ». On peut consulter le fichier PDF relatif à la Province de Hainaut ici. À l’aube des années 30, Ecaussinnes-d’Enghien compte 7.297 âmes. Déjà citée en 751, Ecaussinnes a été divisée, au XIIe siècle, en Ecaussinnes-Saint-Remy et Ecaussinnes-Sainte-Aldegonde. La première échoua aux seigneurs d’Enghien et la seconde aux seigneurs de Lalaing.

Ecaussinnes-LalaingLes armoiries d’Ecaussinnes-Lalaing sont ainsi détaillées : « écartelé aux 1 et 4 de gueules à dix losanges d’argent posés 3, 3, 3, et 1, qui est de Lalaing, et aux 2 et 3 d’or à trois lions de gueules, qui est de Rœulx dit d’Ecaussinnes ». En 1931, Lalaing comptait 1.203 habitants. Le blason a été officiellement scellé le 24 avril 1912.

L’écusson de Marche-lez-Ecaussinnes a, lui, été inauguré à une date chargée de symboles nationaux puisqu’il s’agit du 21 juillet 1923. Le wiki « Heraldry of the World » note tout de même qu’au début du XIXe siècle, le village a déjà voulu obtenir ses armes mais il n’a pas eu satisfaction. Les autorités marchoises avaient alors proposé un emblème frappé d’une étoile jaune sur fond noir. On n’a finalement décerné à Marche, en 1823, qu’un sceau muni de ce texte : « gouvernement local de Marche-lez-Ecaussinnes ».

Marche-lez-ecaussinnesIl y a 2.206 habitants en 1931 à Marche-lez-Ecaussinnes. Les armoiries sont ainsi définies dans « Wapens van het Koninkrijk België en het Groothertogdom Luxemburg/Armorial du Royaume de Belgique en du Grand Duché de Luxembourg » : « de sinople au lion d’argent armé, lampassé et couronné d’or au chef d’argent chargé de trois aiglettes de sable. » La création du village remonte au XIe siècle. C’est la famille Rifflart qui possède la seigneurie (Marche-lez-Ecaussines et Ittre en Brabant). L’écusson marchois s’inspire d’ailleurs du blason des Rifflart.

Visiter Ecaussinnes en 1938, c’est forcément prendre le train

5e3a7-2584918604-17f826-3644454399-2-1Fin des années 30, le train est le moyen le plus pratique et le plus économique de voyager. Et par tourisme, on entendait souvent l’exploration du patrimoine historique belge. Aussi, ne faut-il pas s’étonner de voir de nombreuses mentions d’Ecaussinnes-Lalaing et de son château dans les prospectus de la SNCB publiés en 1938. Le service publicitaire de la SNCB avait d’ailleurs édité douze dépliants d’une collection nommée « La Belgique pittoresque ».  Le numéro 1 de cet assortiment de guides s’intéressait ainsi aux châteaux historiques et châteaux forts. Le prospectus comportait notamment une carte des demeures d’intérêt à visiter. On pouvait y lire à la suite des ruines du château de Mariemont, qu’« un peu plus au nord, on visite l’ancien château fort d’Ecaussinnes-Lalaing, pittoresquement situé au sommet de rochers escarpés, au bord de la Sennette ; bien restauré, il sert actuellement de musée. »

3c575-1562011690-1Une autre série intitulée « Nos Loisirs » a été édité par la Société Nationale des Chemins de Fer Belges, la même année et proposait cinq excursions d’une journée de gare à gare. La 2e excursion partait à la découverte de Mariemont pour se diriger vers Morlanwelz, soit 6 km et demi. Ensuite, on plongeait dans la Vallée de la Sennette d’Ecaussinnes-Carrières à Henripont, soit un trajet de 7 km. À l’époque, on prend le train à la gare de Henripont. Douce époque où il était possible de visiter la plupart des villes et villages de Belgique par le train et puis, avec une bonne foulée, on visitait toutes les curiosités du cru… Ah oui et le slogan de la SNCB à cette époque, c’était : « Pour voyager seul, en famille ou en groupe, le chemin de fer est PLUS SÛR, PLUS RAPIDE, MOINS CHER. »

Chromos saga : le char de la tasse souvenir

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Et voici de nouveaux chromos issus de la collection de mon frère. On y voit notamment un char descendre la rue de la Grande Ronce (Émile Vandervelde à l’époque, puisque cette image est antérieure à la fusion des communes). La tasse souvenir du Goûter matrimonial y occupe l’essentiel de l’espace, à côté d’un jeune homme qui enserre la taille incroyablement fine de sa compagne. La maison blanche est l’actuel numéro 5 et à côté, c’est l’actuelle friterie.

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Image extraite du reportage de British Pathé (1964)

Encore un char qu’on doit à Henry Lejeune. Céramiste-faïencier de métier, il a toujours manifesté cette prédilection pour les couleurs. Il étudie le dessin dès 1946, il restera cependant autodidacte et son style n’appartient effectivement qu’à lui. Ses rouges sont éclatants, ses bleus, profonds. Rien n’est évident chez lui et la lecture de son œuvre a plusieurs couches. Tantôt on y discerne des êtres fantastiques engloutis dans des labyrinthes inextricables, tantôt des insectes bizarres aux tentacules filamenteuses et tantôt des plantes hybrides qui vous emmènent au gré de leurs arabesques hypnotiques. Plus on regarde son œuvre, plus on pénètre dans la singularité.

En 1964, les portes d’entrée dans le village sont également créées par Henry Lejeune, comme le portique sur la Place des Comtes.

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Bal d’élection 2020

Comme chaque année à pareille époque, le bal d’élection de la présidente et de ses demoiselles se déroulera à quelques jours de la Saint Valentin. Rendez-vous est donné ce samedi 8 février à partir de 19 heures, à la Maison du Peuple de l’Avenue de la Déportation. La page Facebook, c’est ici.

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Le goûter s’exporte au Congo et en Hollande

On le sait. Ecaussinnes n’avait jadis pas l’apanage d’organiser un goûter matrimonial. Il y en avait une quinzaine en Wallonie, à diverses époques mais ce qu’on sait sans doute moins, c’est que des goûters matrimoniaux ont eu lieu à Elisabethville au Congo ainsi qu’à Grevenbicht dans le Limbourg hollandais. C’est le fascicule édité par le journal « La Sennette » en 1954 qui le mentionne : « Les goûters matrimoniaux en Wallonie » de Jules Vandereuse.

Le 17 septembre 1952, une poignée de Wallons nostalgiques établis au Congo tentent de mettre en place à Elisabethville. Une carte particulière est disponible dans certains magasins et toute jeune fille la possédant peut inviter un jeune homme au goûter dans le local de la Compagnie des chemins de fer du  Bas-Congo au Katanga. Une table garnie de mignardises est prévue par couple. Une tasse-souvenir est aussi imaginée mais hélas, c’est un bide intégral ! Deux couples seulement s’y sont présentés.

Les célibataires en congrès

Collectie SPAARNESTAD PHOTOW.L. Stuifbergen -Vrijgezellen vereniging in Grevenbicht Limburg 1953
Collection SPAARNESTAD PHOTO/W.L. Stuifbergen (Grevenbicht, 1953)

Aux Pays-Bas, par contre, la manifestation connaît son petit succès entre 1953 et le début des années 1960. Le village de Grevenbicht ne cache d’ailleurs pas qu’elle s’est largement inspiré du goûter matrimonial écaussinnois. Le bourgmestre batave, Louis Corten assiste au goûter et invite la présidente et ses demoiselles d’honneur (y compris le secrétaire communal Robert Stassin) à Grevenbicht.

Le Congrès international des Célibataires (De Vrijgezellen vereniging) se déroule, pour la première fois, les 19, 20 et 21 septembre 1953. Le succès est au rendez-vous puisque s’y pressent 700 jeunes célibataires venus des quatre coins de la Hollande mais aussi d’Allemagne, du Luxembourg, d’Angleterre et de Belgique.

Collectie SPAARNESTAD PHOTOW.L. Stuifbergen -Nederland, Grevenbicht, 1953
Collection SPAARNESTAD PHOTO/W.L. Stuifbergen (Grevenbicht, 1953)

L’esprit y est cependant un peu moins guilleret qu’à Ecaussinnes. Le catholicisme austère y règne en maître et on n’y parle pas d’amour, selon Robert Stassin qui s’exprime dans « Germinal » (publication du 27 septembre 1953). Ce serait scandaleux. Les festivités ont lieu sous une tente où le samedi, les célibataires sont les spectateurs d’une parade des drapeaux et d’une conférence avec « projections lumineuses » sur le folklore. La journée se poursuit par une promenade et un bal. Le lendemain, un cortège folklorique se met en branle, tandis que la reine est installée sur son trône. Le lundi, les visiteurs découvrent  le vieux Grevenbicht et participent à une soirée dansante. Les festivités se clôturent par un feu de joie où brûlent les mannequins symbolisant les célibataires.

L’objectif principal de ce congrès ? Faire comprendre que le célibat est loin d’être un état idéal… Eh bien, justement ! C’est ce qu’on vous dit à Ecaussinnes depuis 1903.

Les Joyaux de la Couronne à Ecaussinnes

Joyaux de la Couronne 2.jpgJoyaux de la Couronne 1.jpgCe livret de 24 pages intitulé « Les Joyaux de la Couronne » peut facilement passer inaperçu, surtout si l’on ne s’intéresse pas à la monarchie. Et pourtant, le fascicule n’a en réalité rien à voir avec la royauté, puisqu’il s’agit d’informations touristiques sur le Hainaut. Un livret qui a été publié par la Fédération du Tourisme de la Province de Hainaut, sans mention de date mais qui doit vraisemblablement dater de la fin des années 50 ou du début des années 60. Garni de photographies en noir et blanc, il est préfacé par Alexandre André, député permanent et président de Hainaut-Tourisme. Ce politicien socialiste originaire du Borinage mais installé à La Louvière, remplaça Ernest Martel en tant que député permanent, en 1938 et instaura, en Hainaut, les « séances de délassement intellectuel ». La brochure a été imprimée en Belgique.

Joyaux de la Couronne 3.jpgÉcrit par Jean Goffin, conseiller artistique au Commissariat Général au Tourisme, le texte évoque bien entendu les châteaux des Ecaussinnes. « Parlant ainsi d’amour, comment ne pas songer immédiatement à Ecaussinnes et son goûter matrimonial, lequel débute – comme vous savez – au pied du Château d’En Haut, pour se terminer – du fait d’on ne sait quel symbolisme narquois dans le tunnel des amoureux… du Château de la Follie ! »

L’auteur s’attache d’abord au Château d’En Haut qui surplombe la place de la Ronce, lieu des festivités du goûter matrimonial. « (…) le mariage, comme la ronce, n’est pas sans épine. », ironise Jean Goffin. « Ce que les faits eux-mêmes semblent accréditer, puisqu’au XIIe siècle, les Ecaussinnes ne formaient qu’un seul village – j’allais écrire un seul ménage – et que, depuis lors, la séparation perdure entre Ecaussinnes-Lalaing et Ecaussinnes-d’Enghien… par consentement mutuel. »Joyaux de la Couronne 4.jpg

La Follie, « jadis forteresse lui aussi, grâce à de profondes et redoutables douves aujourd’hui comblées, c’est à présent, du fait de remaniements successifs, un château gracieux dont le parc s’orne de prestigieux massifs de hêtres rouges centenaires. »

À l’époque, le château de la Follie était ouvert aux visiteurs du 1er juillet au 30 septembre et l’entrée coûtait 10 francs. Le château-fort était accessible tous les jours de Pâques à la Toussaint (sauf le vendredi), et le tarif était de 5 francs (0,12 €).

Le château d'Ecaussinnes-Lalaing illuminé Ern. Thill, Bruxelles NELLS photothill (Copier)
Le château d’Ecaussinnes-Lalaing illuminé (Ern. Thill, Bruxelles NELLS photothil)

Promenades au creux du passé d'un village qui fut coquet et coquin…