Le pont portique des Carrières de Scoufflény made in Enghien

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Fondée en 1904, la Société métallurgique d’Enghien-Saint-Eloi fabriquait à l’origine toutes les constructions métalliques. Plus tard, son activité allait se concentrer plus précisément sur les charpentes, ponts et réservoirs. Dans les années 50, la capacité de production annuelle oscillait autour des 25.000 tonnes.

Comme on le constate dans cette revue émanant de la société, l’entreprise a fourni un pont portique pour les Carrières de Scoufflény. Un pont de 50 tonnes, d’une portée de 58 mètres.

Des liens vers des photos relatives à la Société métallurgique d’Enghien-St Eloi : une publicité, des cartes postales de l’Atelier St-Eloi et le département des constructions en alliages légers.

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Le peuple n’avait pas de blé, Saint Fiacre ne racontait pas de salade

Chapelle Saint Fiacre (Copier)Flanquée de deux arbres fiers et protecteurs, la chapelle Saint Fiacre située rue de Seneffe, semble dormir depuis des siècles, sous ses couvertures de toiles d’araignée. Peu de personnes doivent encore jeter un coup d’œil entre les barreaux du judas. Les arachnides ont de toute manière pris possession des lieux  peu troublés par la curiosité des passants.

Qui – à l’exception des spécialistes en hagiographie ou les ecclésiastiques – connaît encore aujourd’hui Saint Fiacre ? Traditionnellement muni d’une bêche, ce moine d’origine irlandaise a fondé, au VIIe siècle, un monastère près de Meaux en France, lieu qui a d’ailleurs fait l’objet d’un pèlerinage très populaire. Le saint compte de nombreuses chapelles en France tant qu’en Belgique. Fêté le 30 août, il est le patron des jardiniers mais fut aussi tenu pour celui des cochers de fiacre. Son effigie figurait, au XVIIe siècle, sur l’enseigne d’un hôtel de la rue St-Antoine à Paris, transformé par la suite en maison de louage de carrosses (ou de… fiacres).

Saint Fiacre (Copier)Fiacre hérite d’un ermitage rongé par la misère et la faim. Le moine sollicite donc son évêque : si seulement il pouvait défricher un bout de terrain et le dompter, il pourrait aussi soulager ces pauvres gens. Une fois son potager cultivé, Fiacre en distribue le fruit aux indigents et se met ensuite à créer un jardin de plantes médicinales mais aussi à planter des fleurs qu’il baptise « sourires de la terre ». Il bâtit enfin un hospice où affluent les malades des quatre coins de France.

Et puisqu’on parle de jardin… Le jardin-potager du château fort est ouvert jusqu’au 1er novembre, entre 14 et 18 heures. Les autres jours, le lieu est accessible sur réservation, jusqu’à la Toussaint, à l’intention des groupes de minimum dix personnes. Pour plus de renseignements, rendez-vous ICI.

Entre les pages du cahier de géographie

fefd2-geo1-thumbIl est lointain le temps où la propreté des cahiers était cruciale. Il fallait écrire avec beaucoup de soin, suivre scrupuleusement les lignes du cahier, éviter les pâtés et alimenter notre cahier avec des éléments de documentation (photos, articles de journaux, illustrations découpées dans des magazines, etc.). Je faisais feu de tout bois en 5e année primaire. Les cartes postales et les cartons de bière constituaient d’excellentes illustrations. J’avais vraisemblablement découpé la photo du château fort d’Ecaussinnes dans un journal. Si le château fort d’Ecaussinnes a fait l’objet d’une illustration sur un carton de bière pour l’année des châteaux dans la collection Stella Artois, il a aussi été représenté sur un jeu de cartes.

Quant au cours, il me semble d’une simplicité limpide. Surtout lorsqu’on arrive au paragraphe concernant la religion. Hé oui, à l’époque, on ne discute pas, elle est essentiellement catholique. Et le Hainaut est industrieux. L’industrie lourde est concentrée dans les régions de La Louvière et de Charleroi. Le calcaire est exploité dans le Tournaisis et le petit granit l’est à Soignies et à Ecaussinnes. La houille est extraite à Mons et dans le Borinage, à La Louvière et dans le Centre, ainsi que dans la région de Charleroi.7072b-geo2-thumb

Le stencil de l’institutrice s’attarde sur la région : Braine-le-Comte est connue pour ses ateliers métallurgiques et sa verrerie ; Soignies est aussi réputée pour sa verrerie. À Binche, on fait dans la confection et à Enghien, dans le textile.

Parfum d’antan

83e35-geo3-thumbAh oui ! Stencil… Ce mot peut paraître étrange pour les moins de 30 ans. En fait, le stencil était utilisé dans les classes, bien avant l’apparition du photocopieur. C’était en quelque sorte l’ancêtre de la photocopie. C’était le même principe que le papier carbone, sauf qu’il fallait introduire la feuille originale manuscrite dans une machine munie d’un rouleau et d’une manivelle. Il suffisait de tourner la manivelle pour polycopier l’original. Le papier chaud et  imbibé d’une forte odeur d’alcool sortait du rouleau et chaque copie était distribuée aux élèves. Je parie que je n’étais pas la seule à renifler cette feuille à l’odeur bien particulière.

Le Hainaut est somme toute un pays d’heureuse rencontre, comme le constate cette brochure vraisemblablement issue par la Province de Hainaut, fin des années 60. Entre villes d’art, abbayes, châteaux, centres industriels et plan incliné de Ronquières…

« La Belgique est notre patrie », avait écrit l’enseignante. « La nation belge groupe les Wallons et les Flamands »« La plupart des Belges sont catholiques »… Mazette, c’est très loin, tout ça !

Annuaire de la Belgique mondaine de 1936

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Julos né en 1936, ici, en concert à Manage en 1991

1936, c’est l’année de naissance de Julos Beaucarne. Et voici les détails fournis par l’annuaire de cette année-là. Sous la rubrique « Villes et communes belges », Ecaussinnes d’Enghien comptait alors 7.227 habitants. Son bourgmestre était Eloi-Désiré Marbaix et les échevins se nommaient Hippolyte Mercier et Victor Dumeunier. Ses curiosités : Château de la Follie (visite tous les jours : entrée 2 fr.). Église St-Remy (tombeau de Bernard d’Orley et d’Isabeau de Witthem). Tunnel des amoureux. Promenade. Pont des soupirs. Pont des douces arcades. Bois de la Houssière (promenades). Carrières de petit granit.

À Ecaussinnes-Lalaing, on recensait 1.175 âmes. Bourgmestre : Georges-Louis Soupart ; échevins : Marcel Delalieux et Ferdinand Dupont. Curiosités : Château-fort du XIVe siècle, propriété de M. le Comte Adrien Van der Burgh. Goûter matrimonial le lundi de Pentecôte. Carrières.

Marche-lez-Ecaussinnes avait 2.170 habitants, son bourgmestre se nommait Emile Breynart et ses échevins, Victor Laurent et Fernand Prodéo.

Dans un vieux guide du Touring Club

La Louvière et le CentrePublié en 1918, le guide du Touring Club de Belgique, « La Louvière et le Centre – 50 promenades pédestres » consacrait, dans son chapitre dédié à la Vallée de la Sennette, quelques pages à Ecaussinnes. Le rédacteur proposait aux randonneurs une excursion d’Ecaussinnes à Henripont, « excursion trop peu connue, peut-être, parce qu’elle exige un trajet préalable en chemin de fer et met le voyageur à la merci de l’horaire des trains », écrivait Lecram. Lecram… Ça ne vous dit rien ? C’est bizarre mais ça me dit furieusement quelque chose. Bien. Poursuivons.

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L’excursion d’Ecaussinnes à Henripont était trop peu connue au début du XXe siècle

Morceau choisi :
« Enfiler un bout de ruelle, et passer sous le Tunnel des Amoureux, particulièrement agréable à traverser en été, quand il fait très chaud, car il y règne toujours une grande fraîcheur.

On arrive ainsi au bord de la rivière, au doux murmure, qu’il faut longer pendant une petite demi-lieue jusqu’au moulin de Combreuil. Ne vous pressez pas, savourez à l’aise le charme indicible de l’adorable paysage que vous offrent les flancs de la vallée dont vous suivez le fond. »

L’auteur prend des accents si pittoresques, si fleuris en décrivant notre localité, qu’elle semblerait presque exotique. Mmmh, je crois reconnaître ces envolées lyriques. Pas vous ? Je vous donne un dernier indice.

« Voici à droite le Castia des Belles-Dames rocher lavé des terres dans l’un des cataclysmes du monde. À gauche, là où passe actuellement la ligne de chemin de fer, existait encore, il y a une trentaine d’années, une petite grotte taillée dans le roc, d’aspect sauvage et pittoresque. L’endroit où se trouvait cette grotte se nomme encore actuellement le Trou des Fées. »

Alors… Vous y êtes ? Mais oui ! Lecram n’est autre qu’un pseudonyme de… Marcel Tricot.

Promenades au creux du passé d'un village qui fut coquet et coquin…