La chasse aux trésors est ouverte

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En 1996, l’artiste manageois Marcel Dussaussois publiait le tome 3 de son infatigable traque aux vieilles censes, consacrée, cette fois, aux Ecaussinnes. Les deux tomes précédents s’intéressaient aux entités de Seneffe, Manage, Chapelle, Pont-à-Celles et Courcelles. Non seulement le Manageois explorait les vieilles fermes du terroir mais aussi les chapelles, les demeures et les carrières du terroir. Il ne se prétendait pas historien mais était passionné de vieilles pierres et désirait préserver leur mémoire. Ses recherches historiques étaient assorties de dessins. Ce volume qui compte 217 pages, comporte près de cent références aux anciennes bâtisses, chapelles et carrières écaussinnoises.

« Introduction à la fête des célibataires », le Tunnel des Amoureux y est notamment évoqué. Son entrée est bordée par la chapelle Saint-Ghislain qui a été construite au lendemain de la 2e guerre mondiale. « La chapelle », observe Marcel Dussaussois, « est sculptée en forme de trou de serrure. La niche grillagée abrite une statuette de 40 centimètres, en terre cuite, de St Ghislain. Tête décollée, main droite manquante, cette statue est encadrée aux pieds par un aigle et à gauche, par un chien de berger. »  On l’invoque pour traiter les convulsions chez les enfants.

Envie de pleurer

À la lisière de la commune de Feluy, égarée dans les champs, la chapelle Notre-Dame de la Miséricorde à Marche-lez-Ecaussinnes a été érigée en 1736. L’auteur épingle un miracle de Notre-Dame au 15e siècle, à Familleureux : « Elle calma la fureur du seigneur du lieu, Wauthier de Bousies contre ses insulteurs de Houdeng. » En 1512, des miracles ont été observés lors d’une épidémie et de peste et trois guérisons du cancer ont été enregistrées beaucoup plus tard. Dans les années 90, Marcel Dussaussois remarquait que la chapelle penchait sérieusement. « Elle est vouée à l’oubli total, à brève échéance… à l’oubli… à la ruine… au néant… Il n’y a plus de passants… le chemin se meurt… Envie de pleurer… »

Ici, la pierre vous parle…

Les églises sont aussi passées au crible, comme la… défunte Église du Sacré-Cœur. « Joyau de la place Cousin, […] l’intérieur de cet édifice religieux, érigé en 1892, est un hymne à la pierre régionale, un hommage aux tailleurs de pierre et aux sculpteurs des lieux. » L’artiste est visiblement hanté par les pierres qui l’entourent. « Ici, la pierre vous parle… vous la humez… vous la sentez vivre, frémir, respirer… »

Des anecdotes sont rapportées sur les fermes. Sur la façade d’une annexe de la ferme Sainte-Anne à la rue de Beaufort, sont apposés deux panneaux, l’un faisant référence à la Petite Avenue Kersbeek à Bruxelles et l’autre (« Défense de laver dans l’abreuvoir ») venu de la Porte de Clignancourt à Paris. Jadis, relève-t-il encore, un chemin de fer privé reliait la carrière de calcaires du trou Payen de Mâlon-Fontaine à la ferme Clara située rue Noires Terres. Les wagonnets étaient tractés par des chevaux abrités à la ferme. La ferme de Notre-Dame des Sept Douleurs à la Chaussée de Braine a, elle aussi, connu son lot d’aventures dont l’enfouissement d’obus au creux d’une haie, par des officiers allemands en 1918. Dépôt d’obus qui fut seulement exhumé en 1987.

Le livre artisanalement produit, se présente d’ailleurs sous la forme d’un syllabus. Il est vraisemblablement introuvable aujourd’hui.


Le siège social de « Calvaires et Chapelles en Hainaut » au château fort

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Trouvé dans une bouquinerie bruxelloise : ce numéro de « Calvaires et Chapelles en Hainaut » édité par les Amis de ladite association dont le siège social se trouvait au Château d’Ecaussinnes-Lalaing. Le bulletin est daté de juin 1957 et comportait notamment des articles sur la Chapelle de l’Etablissement des Sœurs de Charité à Tournai, la Chapelle du Sacré-Cœur à Braine-le-Comte, les Deux Chapelles au Chenois à Hennuyères, la Chapelle Puche à Cognebeau (Soignies) et l’Ermitage Saint-Jean-Baptiste à Morlanwelz.

À signaler que la revue était émaillée de publicités locales ou régionales, et en particulier d’une publicité concernant le bureau écaussinnois de la S.A. Expéditions Anversoises, situé au 23, rue des Otages (le numéro de téléphone affichait… 3 chiffres : 245).

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Le siège social de « Calvaires et chapelles en Hainaut » (Ed Belge, Bruxelles)

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L’informatique entre à l’école à Ecaussinnes

Au début des années 80, le marché de la micro-informatique commence à sérieusement intéresser le grand public. De loin le plus populaire et le plus vendu, le Commodore 64 est écoulé à une vingtaine de millions d’exemplaires. L’intérêt pour l’ordinateur ne cesse de croître et à Ecaussinnes, on mise sur l’avenir en lançant une semaine d’initiation à l’informatique destinée aux jeunes entre 11 et 14 ans.

Difficile d’identifier chacun mais on peut reconnaître, assises, Fabienne Renard, alors enseignante et Claude Regnier. Debout, de droite à gauche : William Moulin, Rolande Descamps, le bourgmestre Daniel Delloy, Jean-Claude Brismé.

Une centaine sont inscrits, parmi lesquels, des enseignants de l’Institut Provincial de Nursing du Centre et des écoles primaires communales. Sous l’impulsion de la Province de Hainaut, M. Blave va recycler les enseignants à la formation assistée par ordinateur. L’expérience ne sera pas unique, puisqu’elle sera appelée à être prolongée, pendant l’année 1984/1985

Un labo a été équipé d’une dizaine d’ordinateurs et mis à la disposition des élèves de l’enseignement primaire et secondaire officiel.

Un Ecaussinnois a-t-il inventé une machine à filer le lin ?

En 1825, une poignée de journaux français mentionnent un certain Jean Mary, habitant d’Ecaussines-Lalaing. Le Journal du Commerce de la Ville de Lyon et du Département du Rhône daté du 30 septembre 1825 précise qu’Ecaussines-Lalaing est situé près de Braine-le-Comte aux Pays-Bas. La Belgique n’existe pas encore et Ecaussines est dès lors en terre batave. Cet Ecaussinois s’est distingué par l’invention d’une mécanique pour filer le lin, précise la gazette. Il est aussi mentionné dans la Revue encyclopédique, ou Analyse raisonnée, volume 27 ainsi que dans le Courrier de Gand et des Deux Flandres. Il est encore mentionné dans « The London and Paris Observer Or, Chronicle of Literature, Science, and the Fine Arts ».

Napoléon Bonaparte avait lancé un concours dont la récompense se chiffre à l’hallucinant montant d’un million de francs. Coïncidence : le même procédé avait été découvert par un Français qui compte aussi solliciter un brevet d’invention. « Il est glorieux pour la France de ne pas être obligé d’emprunter à l’étranger un procédé de fabrication d’une si haute importance pour nos manufacturiers », lit-on dans le Journal du Commerce de la Ville de Lyon et du Département du Rhône. « Espérons qu’il n’en sera pas de cette découverte, comme de tant d’autres qui ont eu besoin d’être adoptées d’abord par l’étranger, pour se « nationaliser » en France. »

L’objectif était de concevoir une machine qui filerait le lin plus finement. L’étirage mécanique n’arrivait, en effet, pas encore à donner à la fibre la qualité voulue.

Extrait de « La deuxième année de géographie » de Pierre Foncin

Dans la Gazette nationale ou le Moniteur universel du 15 septembre 1825, on indique que Jean Mary a obtenu un brevet d’invention du roi Guillaume 1er, pour une durée de dix ans.

Philippe de Girard (« Les bienfaiteurs de l’Humanité Études biographiques » 1878)

Si Jean Mary a été oublié par l’Histoire, l’inventeur français Philippe de Girard n’est, lui, certainement pas tombé dans l’oubli et pourtant, sa vie est une succession d’infortunes. Lors de la publication du concours en 1810, Philippe de Girard s’empresse de déposer un brevet avec son frère Frédéric. En deux mois, le prolifique inventeur parvient à mettre au point une machine. Il est tellement certain d’emporter la récompense qu’il n’hésite pas un seul instant à investir dans l’implantation de deux filatures à Paris. Hélas, l’argent du prix tarde à arriver et à la chute de l’Empire, les espoirs de rémunération s’évaporent. Poursuivi par ses créanciers, Philippe de Girard finit derrière les barreaux. Comme un malheur n’arrive jamais seul : ses associés dérobent les plans de sa machine à filer le lin et les vendent en Angleterre contre la somme rondelette de 25.000 livres sterling. En 1815, il s’installe en Autriche, sur invitation de l’empereur et y installe une filature. Plus tard, il filera vers la Pologne où il fondera une centre de tissage du lin et une fabrique dans une ville qui prendra son nom polonisé (Girardouf / Żyrardów). Ce n’est que six mois avant son décès que Philippe de Girard verra son génie et son honneur restaurés dans son pays qui jusqu’alors, n’avait eu aucun égard pour l’un de ses inventeurs les plus féconds.

Je devine votre consternation. Mais que vient donc faire Jean Mary dans cette histoire ? Je suis tout aussi confuse que vous. Jusqu’à présent, je n’ai rien trouvé à son sujet. Reste à espérer que Jean Mary a une descendance et qu’on pourra éclaircir le mystère de la mécanique de la filature du lin, né dans la campagne d’Ecaussinnes, à l’aube du XIXe siècle. Les inventions des deux hommes sont similaires mais c’est le nom de Philippe de Girard qui marquera l’Histoire des techniques. Et cette machine, qu’a-t-elle de révolutionnaire ?

La technique consiste à sélectionner les fibres à sec par le biais de petits peignes qui, entraînés dans un mouvement de va-et-vient, s’enfoncent dans le ruban de lin et séparent les filaments. Le trempage dans une solution alcaline dissout ensuite la matière glutineuse en amollissant les fibres pour les étirer.

On n’a sans doute pas inventé le fil à couper le beurre à Ecaussinnes mais l’air du patelin a bel et bien inspiré l’invention de la machine à filer le lin !

Comme Adam et Eve, Papyrus a été Ecaussinnois

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De Gieter dans sa maison écaussinnoise (© Nadine Lebrun)

Passionnée de bandes dessinées, j’ai toujours beaucoup aimé le trait souple et l’humour alliés à la rigueur historique de « Papyrus », jeune pêcheur égyptien dont les aventures se sont perpétuées pendant quarante ans (soit trente-six albums). Son créateur, le Bruxellois Lucien De Gieter combine ligne claire et scénarios bien ficelés autant que haletants et extrêmement documentés. Ce qu’on sait moins, c’est que le papa de Papyrus était domicilié à Ecaussinnes, pendant une vingtaine d’années. Et qu’il y a puisé l’inspiration pour dessiner plusieurs albums. La campagne écaussinnoise lui a été bénéfique puisqu’en 1986, un jury d’enfants lui décerne le prix Alfred au prestigieux Festival de BD d’Angoulême, pour « La métamorphose d’Imhoutep ».

Station Janson à Charleroi (Jmh2o / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0))

L’imagination et le mystère épousent la précision historique dans « Papyrus ». « Ce que je désire avant tout, c’est raconter une histoire attrayante qui ouvre une porte sur le rêve », me confiait-il en 1986, dans sa maison de Mâlon Fontaine. « Si cela a un aspect pédagogique, alors tant mieux ! » D’autant que les profs l’ont toujours tenu pour un expert en égyptologie.

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En 1986, il imagine les aventures de Papyrus dans sa maison campagnarde d’Ecaussinnes (© Nadine Lebrun)

« Papyrus, j’y tiens »

C’est en 1974 que De Gieter a imaginé les péripéties d’un petit pêcheur qui allait se muer en héros, au fil des albums. Il est le protecteur et l’inséparable compagnon de la princesse Théti-Chéri, la fille du pharaon. L’aventure a tout de même duré quatre décennies, puisque c’est en 2015 que le dernier album, « Papyrus pharaon » est publié. Le dessinateur a plus de 80 ans, il est temps d’arrêter à son avis. En 1986, il était cependant loin de songer à déposer la plume. « Papyrus, j’y tiens et j’espère qu’il vivra encore longtemps. Cela dit, ça me plairait d’imaginer des scénarios pour d’autres dessinateurs. »

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Pas de signature parce que l’artiste est modeste et généreux (© Lucien De Gieter)

À Ecaussinnes, l’homme est actif et ne cache pas sa sensibilité écologique. Il offre même son talent au service de l’ADESA (Action et Défense de l’Environnement de la Vallée de la Senne et de ses Affluents), comme on le voit sur cette affichette distribuée sous forme de toutes-boîtes dans les années 1980. Sa signature n’est même pas mentionnée sur le document. Impliqué dans la protection de l’environnement, il s’engage même dans la politique et s’inscrit sur les listes d’un parti pour les élections, « non par ambition mais par pure solidarité envers mon parti. »

« Il faut surtout aimer ce qu’on fait »

C’est un homme proche de la terre. Il avait entièrement construit sa maison à Ecaussinnes et peuplé son jardin d’animaux. Il est venu tard à la bande dessinée. Il a 30 ans quand l’hebdomadaire Spirou organise un concours de scénarios. Ce qui lui vaudra de scénariser une douzaine de mini-récits. Il sera ensuite invité à créer ses propres personnages. Avant de créer Papyrus, il imagine Pony mais c’est un peu trop proche de l’univers de Lucky Luke, puis, Tôôôt la petite sirène naît de sa plume.

Papyrus, il l’a façonné avec sa femme qui est sa coloriste attitrée. En 1984, il m’avouait que « travailler en couple pose beaucoup de problèmes parce qu’on se dispute sur le choix des couleurs. »

À l’époque, je lui avais demandé s’il pouvait donner des conseils à un débutant. « Ce qui compte dans un métier, c’est sa façon de l’aborder », m’avait-il répondu. « Il faut surtout aimer ce qu’on fait. À celui qui veut faire de la bande dessinée dans le but de gagner de l’argent, je ne lui conseille pas d’en faire. Il existe des métiers bien plus rentables. » Cette année-là, inspiré par le Temple d’Abou-Simbel en Haute-Egypte, il était en train d’achever le septième tome des aventures de Papyrus, « La vengeance des Ramsès ». Il allait encore en produire vingt-six.

À redécouvrir ici.

L’Abbé Félicien Anseau, l’abbé Pierre d’Ecaussinnes

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Ce document iconographique m’a été transmis par Thierry Massin. Il s’agit d’une carte souvenir commémorant le jubilé de l’Abbé Félicien Anseau, datée du dimanche 13 octobre 1912. Ce curé exerçait à Ecaussinnes-Lalaing, dans la paroisse de Sainte-Aldegonde et sa générosité, son abnégation semblent avoir laissé des traces profondes. « Les éminentes qualités de ce digne Ministre de Dieu, sa bonté envers les pauvres, son inépuisable serviabilité lui ont attiré l’estime et le respect, non seulement de ces chers paroissiens, mais aussi de tous ceux qui le connaissent », lit-on au verso de cette carte.

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer cet ecclésiastique et notamment au sujet de la grotte de Lourdes, car c’était son idée. L’actuel emplacement de la grotte n’était cependant pas l’original puisque il l’avait imaginée au sein même de l’église Sainte-Aldegonde. Dans la chapelle Saint-Michel plus précisément, là où repose Michel de Croÿ. Malheureusement, le lieu est très obscur et c’est un amoncellement de pierres, une installation rudimentaire. Qu’à cela ne tienne, la grotte est bénie le 31 juillet 1892. À son décès, la grotte sera réaménagée à la rue du Bersault.

Un journal américain, le « Sun » l’associe même à la création du goûter matrimonial. C’est en tous cas lui que le journaliste choisit pour son interview. C’est à lui qu’il attribue ces propos : « Monsieur, vous êtes bien journaliste ? Vous parlez au monde, Monsieur, au grand peuple d’Amérique, si pragmatique et pourtant sentimental. Nous avons eu neuf Américains, sept du Brésil et de l’Argentine. Il se peut que l’Amérique du Nord ait peu entendu parler de nous. Dites à vos millionnaires qu’il y aura toujours de bonnes filles à Ecaussinnes, qui peuvent garder un ménage et cuisiner un dîner digeste. »

Superposition de deux illustrations de l’église Sainte Aldegonde, une carte postale début XXe siècle et une photo prise dans les années 1980

Un combat auprès des défavorisés

Originaire de Deux-Acren, Félicien Anseau est ordonné prêtre le 10 octobre 1869. C’est d’abord en tant que vicaire qu’il officiera à Saint-Rémy en 1878. Il passera par la paroisse de Henripont avant d’être installé en tant que curé de la paroisse de Sainte-Aldegonde le 23 novembre 1885. S’il publie une notice historique sur la chapelle Notre Dame de Liesse (chapelle de Scoufflény ou de Hubersart pour les intimes), il est essentiellement connu pour le combat qu’il a livré contre la pauvreté. Une lutte qui finira par le précipiter également dans l’indigence. Dans l’ouvrage « Ecaussinnes. Des tombes et des personnages remarquables » de Jacques Pochart (Edition CIHL 2012), l’auteur épingle des propos qu’il a tenus : « Pendant plus de trois mois, en 1918, j’ai souffert cruellement de la faim. J’ai donné l’aumône à plus pauvre que moi, j’ai été obligé de vendre quelques meubles. Pour avoir du pain à manger, j’ai vendu une caisse d’horloge de toute beauté, avec le mouvement, et pour faire la charité aux pauvres, un magnifique buffet en chêne et à glaces ; une splendide collection d’étains. J’en ai pleuré ».

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La tombe de l’abbé Anseau au cimetière de Lalaing

Jacques Pochart mentionne une anecdote qui résume bien le personnage pétri de bonté, d’altruisme. Une fidèle lui a offert, un jour, du tissu afin qu’il puisse se faire confectionner une nouvelle soutane. La sienne en avait déjà tellement vu que le noir virait au vert. Il a préféré l’offrir à une dame démunie qui a façonné un costume de communiant pour son fils.

C’est à lui qu’on doit la création de la mutuelle ouvrière St-François ainsi que de la Maison des Ouvriers de la rue Jean Jaurès.

Quand il meurt le 31 juillet 1921, il est sans le sou. Ce qui se passe dès lors est inédit. Les socialistes portés au pouvoir lors du premier suffrage universel, tenaient à la séparation de l’église et de l’état. Et pourtant à Ecaussinnes, les socialistes majoritaires font une entorse à leurs principes républicains et votent secrètement l’octroi d’une concession à perpétuité à la famille Anseau. C’est que le prêtre était à leurs yeux un humaniste avant d’être un représentant religieux. C’est le citoyen qui était honoré, non le catholique.

Il repose désormais à quelques mètres du Monument aux Français, dans le cimetière d’Ecaussinnes-Lalaing, près de l’église où il a officié pendant trente-six années.

Promenades au creux du passé d'un village qui fut coquet et coquin…