Les perles de la presse : « Ecaussines, petite ville des Flandres » (1)

Les articles de presse sont parfois farcis de coquilles, d’invraisemblances, d’inversions de lettres, de fautes, de non-sens, de tous ces détails involontaires qui nous dérident. Ecaussinnes ne fait pas exception à la règle et il est plutôt amusant de partir à la chasse aux bévues dans les vieux journaux.

Le rédacteur de « L’Écho nogentais » du 8 août 1925 n’a apparemment jamais mis les pieds à Ecaussinnes, ni même en Belgique. En quelques lignes, il est parvenu à commettre trois fautes : « En 1903, le dimanche de Pentecôte, à Ecaussines, petite ville des Flandres, soixante jeunes filles qui se morfondaient dans le célibat eurent l’idée d’offrir un goûter aux jeunes gens des environs. (…) La fête s’appelle le « sourire d’Ecaussines » elle a lieu chaque année pour la Pentecôte et l’on constate qu’il y a peu de célibataires dans ce coin des Flandres. » Envie de faire un tour au « glimlach van Escozyn » ? Plusieurs journaux américains et canadiens ont commis l’erreur de situer Ecaussinnes en Flandre. La faute au correspondant bruxellois de l’agence de presse ? Le quotidien néo-zélandais « Pahiatua Herald » du 6 décembre 1906 mentionne, quant à lui, le village… bruxellois d’Ecaussines.

Jeanne Varlet, présidente du goûter 1922 (Ph. Le Petit Parisien, 6 juin 1922)

C’est toutefois pire dans le « Newsletter » du 7 septembre 1907 (Sydney, Australie) où on situe Ecaussinnes en Helvétie. « L’annuelle foire au mariage à Ecaussines, Suisse a fait 27 couples heureux, cette année. » Si le monde entier a entendu parler d’Ecaussinnes, les étrangers situent assez mal les lieux et ignorent les particularités locales. Ainsi dans « Le Petit Parisien » du 6 juin 1922, Richepierre signe un article fleuri dans lequel il écrit tout de même : « L’hôtel de ville d’Ecaussines, que l’on dénomme, je ne sais trop pourquoi, le « Pilori », est aujourd’hui le quartier général des jouvencelles. »

« Cupidon arrive « 

(The Bourbon News)
L’entrée du château fort tel qu’il était au début du XXe siècle

Dans « L’Intransigeant » du 6 juin 1925, on consacre cinq phrases à la 28e « Foire aux Fiancés » (ma foi, pourquoi pas ?), dont une qui vaut son pesant de cacahuètes : « Ils ont été nombreux les célibataires qui, cette année, sont venus dans les ruines du vieux château féodal chercher à constituer un foyer… » C’est comme ça à Ecaussinnes, les couples se forment dans un château en ruine. Le goûter matrimonial est nommé : « festival de Cupidon » ou « Cupidon arrive » dans « The Bourbon News » (Paris, Kentucky). C’est mignon mais quelque chose m’échappe dans le compte-rendu. On parle d’une centaine de jeunes gens aux joues cramoisies qui se rendent à la salle des fêtes du village pour écouter une conférence de Mlle Dassays sur l’émancipation féminine. « Mlle Dassays a non seulement convaincu les célibataires du bien-fondé de la procédure mais a également changé leur opinion sur la conception du mariage. » Mais qui est donc Mlle Dassays ? Pour rappel, la présidente, en 1904, s’appelle Félicie Lescut.

Dans le « Daily News » du 8 juillet 1922 (Perth, Washington), on affirme que 20.000 mariages ont été conclus jusqu’ici grâce au « festival matrimonial ». Le chiffre paraît mirobolant mais admettons. Les détails suivants sont plus surprenants : « On demande aux candidats d’envoyer les noms à l’avance à la présidente de la société qui organise la manifestation. On leur fournira des cartes de visite à distribuer à des dizaines de jolies filles belges. Des chaperons seront disponibles pour les voyages à la campagne. » C’est qu’il peut se passer n’importe quoi dans ce décor bucolique, au détour d’une meule de foin.

Étrange histoire que celle qui est narrée dans « Ameryka », un journal publié dans l’Ohio aux USA, en langue polonaise… L’édition du 21 avril 1900 évoque une conférence donnée par un fervent porte-parole de l’abstinence à Marche-lez-Ecaussinnes, sous le titre « Ne jetez pas vos perles aux pourceaux ». Si à l’époque, on a le gosier en pente à Marche, on démontre aussi qu’on est très spirituel.

À Bruxelles, M. Banderwelde, ardent défenseur de l’abstinence, a récemment donné une conférence dans le village de Marche-lez-Ecaussines. Il savait d’avance qu’il y avait de nombreux adeptes de l’alcool parmi son public et a voulu s’exprimer avec force pour condamner l’ivresse. Il a ainsi prouvé la nocivité de l’alcool, même pour les animaux.

– Un porc, se promenant dans une cour, est entré dans une maison ouverte où il y avait des spiritueux, il a bu autant qu’il voulait et est mort peu de temps après.

L’orateur a été surpris lorsqu’un des alcooliques présents dans l’assistance lui a rétorqué :

– Tant mieux pour lui, oui ! Après tout, l’alcool n’est pas fait pour les porcs! ….

Des méprises, des maladresses saupoudrent cet article du journal américain « The Sunday Star » du 28 juin 1908 (Washington D.C.). « Le déjeuner a été servi à l’air libre, et le menu était très simple, de manière à mettre l’accent sur l’efficacité domestique des célibataires. Voici le détail : Menu : Café (du café très mauvais), Martelles (des gâteaux durs, spécialités locales, utilisés ensuite comme projectiles). Au terme du déjeuner, Mlle Baron, 18 ans, présidente de la société des célibataires, est apparue au balcon d’une maison, dominant la place du marché, et a prononcé un discours sur les joies du mariage, discours qui fut fortement applaudi. » Imaginez un peu : nos mastelles écaussinnoises utilisées comme armes de dissuasion… Pas contre l’Amour, bien entendu.


L’illustration de tête est extraite du journal humoristique « Le Rire » du 7 janvier 1905.

Un sous-chef de gare écaussinnois invente

un système de sécurité ferroviaire, en 1865

En 1865, le président américain Abraham Lincoln est assassiné. La même année, un fait certes moins remarquable est passé presque inaperçu. Presque ! « L’Indépendance belge » du 3 juillet 1865 consacre quelques lignes à une invention ferroviaire née à Ecaussinnes.

Une locomotive à vapeur type 28 de la période Belpaire introduite en 1865

Fondé à Bruxelles, au lendemain de la création de la Belgique (1831), le quotidien « L’Indépendance belge » (« L’Indépendant » de 1831 à 1843) est dès le départ une source d’information établie et respectable sur le plan international, car le journal s’appuie sur un réseau important de correspondants. C’est dire le sérieux du média qui diffuse cette nouvelle que je n’ai hélas pu retrouver nulle part ailleurs.

Malheureusement, le communiqué est laconique et on manque de détails sur la personne de l’inventeur. On sait qu’il s’agit de M. Roche et qu’il est sous-chef de la station d’Ecaussines. À l’époque, les accidents ferroviaires sont fréquents, partiellement parce que le machiniste est dans l’impossibilité d’apercevoir les signaux d’avertissement situés à une certaine distance de sa locomotive.

La station d’Ecaussines Carrières à la fin du XIXe siècle
Le Rail – N° 115 – Mars 1966 – Durail Jr – L’histoire des chemins de fer

M. Roche s’intéresse de près au problème et invente « un appareil d’une simplicité parfaite, et grâce auquel le machiniste n’a plus à s’inquiéter des signaux à distance ; il est averti du danger par le sifflet même de la locomotive. » Le système repose sur une canne de forme arrondie qu’on place sous la locomotive. Quand ce crochet frappe un obstacle situé à l’extérieur de la voie, la canne se soulève et actionne des leviers articulés qui font fonctionner le sifflet à vapeur. Alerté, le conducteur immobilise immédiatement le train.

« L’obstacle peut être posé soit à l’approche des stations pour répéter les signaux souvent imparfaitement transmis, soit le long des voies ferrées, pour permettre aux cantonniers de régler la marche des trains qui se suivraient de trop près ou pour prévenir d’autres dangers. »

Ce mécanisme a, paraît-il, été testé avec succès sur plusieurs lignes de chemin de fer et le gouvernement belge en aurait également fait l’essai.


L’image de tête n’a aucun rapport avec les faits relatés dans la publication. Elle a pour unique but d’illustrer l’article.

Scaussènes no terwar

On ne parle plus le wallon. Et quand j’écris « le » wallon, je devrais plutôt préciser « les » wallons. Car la langue d’Ecaussinnes n’est pas celle de Liège. Comme la plupart des gens de ma génération, j’ai été élevée en wallon. Mon père m’a toujours parlé en wallon et étant donné que le tutoiement est quasi inexistant (il est considéré comme grossier), mon père m’a toujours vouvoyé. Ma grand-mère paternelle aussi causait en wallon et ses expressions savoureuses avaient la chaleur rassurante du café fumant qui accompagnait la tarte au sucre bavant. Comme une Madeleine de Proust. Si je comprends le wallon, je ne le parle cependant pas.

Scaussènes no terwar 2 (Copier)
Lors de la présentation officielle du fascicule, en janvier 1984

Le wallon est une langue d’oïl. Jusqu’à la 1re guerre mondiale, c’était la langue la plus parlée en Belgique.

En janvier 1984, le Cercle d’Information et d’Histoire Locale et l’Administration communale publient une brochure pour parler le wallon sans peine. Ou presque. On peut y découvrir une réédition de l’extrait du glossaire dialectal de Cyrille Tricot, mais aussi un recueil de chansons et de poèmes en wallon de Scaussènes (Jean Baguet, Julos Beaucarne, Frantz Coulon, Paul Corbisier, Claude Limbourg, Marius Lion,…). Et le tout est enrichi de dessins signés Henry Lejeune, Claudine Rousseau, Jacques Deblocq, Georges Poliart et Jules Regner.

Scaussènes no terwar 3 (Copier)
On reconnaît l’ancien bourgmestre Daniel Delloy, debout

Le wallon des Ecaussinnes est poétique dans ses moindres recoins. Poubelle se dit « bwate à ordures » et lune est amélioré en « bèl leune ». Comme vous l’avez remarqué, l’écriture est phonétique. Pour écrire haie, on écrit « âye ». Si en français, on prononce : bébé, en wallon, ça devient : bèbè. L’onomatopée a toute son importance, tout comme en anglais, d’ailleurs, jaillir se dit « spiter ». On est fort proche de la signification anglaise, puisque « spit » veut dire « cracher ». Même étrange similitude avec l’anglais dans la traduction d’épinard : spinasse et spinach en anglais. J’ignore si on traite encore quelqu’un de saltimbanque (la portée du mot n’est plus aussi négative qu’au début du XXe siècle… Dirait-on bouffon ?) mais en wallon d’Ecaussinnes, on dit que c’est un zozo… Tout le monde comprend parce que ça se dit aussi en français, foi de Larousse.

Faits divers d’hier

Ils nous révulsent, nous fascinent, nous font peur, nous bouleversent et pourtant, les faits divers ont toujours aiguisé l’intérêt du plus grand nombre. Goût douteux pour le sordide ou curiosité malsaine, les faits divers nous captivent parce qu’ils racontent des histoires, parce qu’ils nous parlent de choses essentielles, comme la vie et la mort. À travers les années, on retrouve Ecaussinnes mentionné dans un tas de journaux.


Incident aux carrières de Thiarmont

« La Dernière Heure » du 24 avril 1914 relate un incident qui s’est passé aux carrières de Thiarmont : le mécanicien Justinien Lambert est appelé à remplacer un collègue malade. L’ennui, c’est qu’il ne maîtrisait probablement pas toutes les subtilités de ce nouveau poste de travail. « Par une fausse manoeuvre, les engrenages de la machine qu’il conduisait se brisèrent et l’infortuné Lambert reçut des éclats de fonts à la tête et à la poitrine. »

Des brigands dévalisent un train qui monte vers Ecaussinnes

Image d’illustration : S. Hermann & F. Richter Pixabay

Le Journal du Centre du 4 mars 1944 dresse le compte-rendu d’un hold-up commis dans un train parti de Bruxelles Midi, le 1er mars vers 6 heures 10. Entre Henripont et Ronquières, le convoi a été délesté de tous les sacs postaux provenant de la Capitale et à destination de la région du Centre. Des malandrins masqués ont soudain fait irruption dans le fourgon métallique en queue de convoi. Les brigands ont immobilisé le chef-garde avant de piller tous les sacs, en les balançant aux abords de la voie unique. Ils sont ensuite calmement descendus du train. A cet endroit précis, l’allure du train est, en effet, lente vu qu’il lui faut grimper vers Ecaussinnes. Le convoyeur n’a pu prévenir la police qu’à l’arrivée du train en gare de Henripont. Si le préjudice financier est important, les voyageurs qui se trouvaient là tout près, n’ont rien remarqué.

Happée par un train à Marche-lez-Ecaussinnes

La Semaine illustrée n°86 1913 (Copier)
Image d’illustration extraite de « La Semaine illustrée » n°86 (1913)

C’est un horrible drame qui s’est déroulé sur les rails à hauteur de Marche-lez-Ecaussinnes, le lundi 20 novembre 1865. L’accident est répercuté dans l’« Indépendance belge » du 24 novembre 1865. La veuve Renaud âgée de 86 ans, n’y voit plus grand chose et elle est sourde, de surcroît. Elle doit traverser la voie ferrée. Le convoi vers Charleroi glisse à toute vitesse sur les rails. La vieille dame n’entend rien, elle poursuit son chemin et aborde les voies. Le garde-barrière Parmentier hurle et la locomotive fait résonner son sifflet mais rien n’y fait. N’écoutant que son courage, la femme du garde-barrière s’élance vers les voies, risquant sa propre vie pour tenter de l’empêcher de traverser mais il est déjà trop tard. La locomotive ne peut éviter la pauvre femme qui s’écroule sous les roues de la machine. Les détails fournis par le journal sont sordides : « Elle avait les membres inférieurs broyés ; une de ses jambes était détachée du tronc et avait été lancée à plusieurs mètres de distance. » Une heure et demie plus tard, la famille de Mme Renaud entourait la victime qui exhale son dernier soupir…

Ses compagnons de beuverie l’embrasent

Les Faits divers illustrés 27 août 1908
Image d’illustration extraite des « Faits divers illustrés » du 11 mars 1875

« Le Temps » du 11 mars 1875 raconte une scène atroce autant que stupide qui a été publiée à l’origine dans « L’Impartial » de Soignies. L’histoire se passe dans un cabaret d’Ecaussinnes. Abrutis par l’abus d’alcool, cinq ou six individus ne trouvent rien de mieux que d’envelopper de paille un de leurs compagnons de beuverie et d’y mettre le feu. Immédiatement, le corps devient un brasier et le malheureux se tortille de douleur sur le pavé. Revenus à la raison, ses amis s’empressent de le sauver en éteignant le feu. « Malgré les brûlures sont son corps est couvert, on ne désespère pas de le sauver », conclut le journal.


L’image en tête d’article n’a aucun rapport avec les faits divers en question et sert juste d’illustration. Elle est extraite de « L’ oeil de la police » n°30 (1909).

Silence ! On se fait une toile au Royal Cinéma (2)

Après le cinéma, beaucoup de spectateurs appréciaient l’ambiance chaleureuse, résolument familiale du café du Royal. On y allait aussi pour déguster une bonne crasse pinte. C’était une spécialité de la maison, lit-on dans « Regard sur le Royal Ecaussinnes 1907 – 2007 » de Pierre Peltier (édité par le CIHL). On y proposait plus de 50 bières de marque dans les années 50.

Les murs du café sont signés Henry Lejeune
Somptueuse façade entre Art Nouveau et Art Déco

Les années 50 et 60 sont les golden years du Royal Cinéma. Si Le Royal Cinéma comprend ainsi un café depuis le début du XXe siècle, les activités se multiplient sous l’impulsion du fils d’Arthur Delmotte et de son épouse Suzanne Pête. « Je me souviens du Noël 1958. Les Russes avaient envoyé la petite chienne Laïka dans l’espace. Pour l’occasion, ma mère avait décoré le plafond du café. Elle avait peint une mappemonde entourée d’étoiles et Jacky Lejeune avait sculpté la fusée russe avec Laïka. C’était splendide », se remémore Claire Delmotte, la fille de Jacques et Suzanne.

Entre parenthèses, la façade du café est l’une des plus belles de la place Cousin et pour cause ! Elle fut conçue par l’architecte Constant Sonneville (on lui doit aussi, entre autres, l’église du Sacré Cœur et l’église Saint-Antoine de Padoue à La Louvière). Entre Art Nouveau et Art Déco, son style élégant date de 1907.

Le cinéma pouvait accueillir près de 400 personnes et les places étaient ainsi disposéées
Carte de membre du Royal-Kicker-Sud (dessin de Henry Lejeune)

Ne nous leurrons pas pas : le cinéma relevait davantage de la passion, c’est le café qui soutenait les finances. Après l’Expo 58, Henry Lejeune entreprend une œuvre grandiose qui offrira au café du Royal sa signature unique. « Il y a plus ou moins 350 peintures et cela représente 2 années de travail pendant la nuit » , précise Claire Delmotte. C’est une ode bigarrée au cinéma composée de pellicules qui représentent autant de scènes convergeant vers le Roi de Cœur. Dans les années 50 et 60, Le Royal organise de mémorables parties de kicker, des rencontres de balle pelote, des rallyes automobiles, etc. Et le couple Delmotte lance un toutes-boîtes, à la fin des années 50, toutes-boîtes qui connaîtra 1264 numéros entre juillet 1958 et août 1985. Nous en reparlerons plus tard dans Tunnel des Amoureux.

De l’apogée au déclin

À l’aube des années 80, le cinéma a du mal à remplir sa salle. Jacques et Suzanne pointent un doigt accusateur vers la télé et la vidéo. Le Royal se concentre sur le film à destination de la jeunesse mais l’attrait de celle-ci pour la ville et ses méga-complexes qui projettent les films bien plus rapidement qu’Ecaussinnes, ont raison du Royal. En 1985, l’asbl Images de Mirwart avec la coopérative du Vieux Moulin et le Mouvement d’Éducation par l’Audiovisuel toisent les méga-complexes cinématographiques et relance l’activité au Royal. « Greystroke » avec Christophe Lambert y est proposé, le 1er mars 1985, contre la modique somme de 100 francs belges (2,50 €). Malheureusement, l’initiative ne durera pas et Le Royal glissera à nouveau la clé sous le paillasson.

Une affichette rare au Royal !

Claire ouvre son album de photos avec émotion. Chacune d’entre elles lui éveille des souvenirs émus. « Mon souvenir le plus effrayant, c’est quand mon père m’a confié la vente des chocolats glacés à l’entracte. Il fallait que je crie « Chocolats glacés, articles glacés ! » J’avais 14 ans et j’étais terrifiée à l’idée de me mettre en scène, je suppose. » Une anecdote amusante ? Le Royal avait ses affichettes « enfants admis » et « enfants non admis » mais l’étiquette « ENA » n’était pour ainsi dire presque jamais utilisée. « Mon père était anti films « enfants non admis » et anti machines à sous. Il n’y en avait pas au café. » Son premier film « ENA » ? « J’étais petite fille et j’étais cachée derrière les gros rideaux de velours pour regarder « Les Nuits du Monde ». C’était un film qui avait notamment été tourné aux Folies Bergères… », souffle-t-elle, en esquissant un petit rire coquin. Et vous, quels sont vos meilleurs souvenirs cinématographiques au Royal ?

Promenades au creux du passé d'un village coquet et coquin…